Conservation de l'espèce

Historique

 

De 1978 à 1984

Actions ponctuelles de protection

  • La surveillance des aires « à risque » notamment en Languedoc- Roussillon.
  • « Opération Alpilles » : surveillance des aires, contrôle de la fréquentation humaine et actions d'information et de sensibilisation.
  • Opérations de nourrissage, menées par Frier et Duc (CORA 07).
     

De 1984 à 1987

  • Le lancement du plan de sauvegarde de l'Aigle de Bonelli, avec le soutien financier du Ministère de l'Environnement. Ce "plan Bonelli" se déclinait selon les objectifs suivants :
  • Amélioration des connaissances sur le régime alimentaire, les ressources trophiques, le domaine vital et le statut foncier.
  • Actions de sensibilisation auprès des acteurs locaux, des gestionnaires et des utilisateurs du milieu.
  • Campagne nationale de parrainage.
     

De 1989 à 1993

  • Lancement d'un projet de sauvegarde des habitats de l'Aigle de Bonelli dans le cadre des Actions Communautaires pour l'Environnement (A.C.E. 224/88/02/-8 "Sauvegarde des habitats d'Hieraaetus fasciatus dans le midi de la France"). Les objectifs fixés étaient :
  • La protection des milieux (mesures réglementaires, déplacement d'un tracé TGV).
  • Les aménagements de milieux (ouverture de milieux, amélioration de la disponibilité en ressources alimentaires).
  • Des actions auprès d'EDF pour limiter les électrocutions
     

A partir de 1990

  • Différentes études scientifiques et actions de sensibilisation du public ont été menées :
  • Programme de baguage des aiglons (Gilles Cheylan) et pose de balises Argos.
  • Campagne d'information et de sensibilisation, notamment au près de centres d'électrification et du grand public.
  • Étude de faisabilité sur la reproduction en captivité réalis ée par l'ONC et le GRIVE et lancement du projet de reproduction en captivité par deux centres de sauvegarde d e la faune sauvage.
  • Actions d'amélioration de la quiétude de sites dans le Gard, réalisées dans le cadre du Life « La chênaie verte méditerranéenne ».
     

Les Plans Nationaux d’Action

Les Plans Nationaux d’action (PNA), anciennement connus sous le nom de Plans Nationaux de Restauration, sont la formulation de la politique de l’Etat en matière de conservation d’espèces mis en œuvre par le Ministère de l’Écologie, de l’Energie, du Développement Durable et de la Mer (MEEDDM) et ils répondent à la « Stratégie Nationale pour la Biodiversité » issue de la conférence de Rio de 1992. Leur élaboration et mise en œuvre relèvent d'une démarche nationale et s’inscrivent dans une approche globale.

La circulaire du 3 octobre2008 fait état de 3 catégories :

  • Plans Nationaux d’Action (PNA) : ils concernent des espèces ou groupes d’espèces menacées à statut de conservation défavorable, nécessitant des mesures proactives de conservation
  • Plans d’Action : ils concernent des espèces rares mais à dynamique positive, posant des problèmes spécifiques (comme le Loup par exemple.) et nécessitant plutôt des mesures de suivi, d’accompagnement.
  • Stratégie nationale : elle se rapporte à des espèces rares ayant des statuts (biologiques et/ou juridiques) différents suivant les parties du territoire nationale (le Grand tétras par exemple) et se décline en plans territorialisés (massifs montagneux en en l’occurrence).

Un PNA comporte 3 phases :

  • La rédaction du Plan : elle se fait sur appel d’offre de la DREAL coordinatrice à partir de 2009. La rédaction est supervisée par un Comité de rédaction au nombre de participants limité. La démarche donne lieu à des consultations interrégionales et nationales puis à une validation par le Conseil National pour la Protection de la Nature et le Ministère de l’Écologie, de l’Energie, du Développement Durable et de la Mer.
  • Sa mise en oeuvre: il y a au préalable une désignation de l’opérateur-animateur par la DREAL coordinatrice. Le Plan est mis en œuvre pour 5 ans, un Comité de Pilotage en assure le suivi. Les financements émanent du Ministère et de collectivités (régions, Départements, fondations).
  • L’évaluation du plan : elle est divisée en deux parties : un bilan technique et financier par l’opérateur du plan et une évaluation externe complémentaire (appel d’offre DREAL)

Premier PNRAB 1999-2004

C'est en 1999 que le Ministère de l'aménagement du territoire et de l'environnement MATE (ancien MEDAD) a initié le premier plan de restauration «Aigle de Bonelli» (PNRAB) couvrant une période de 5 ans.
La mise en œuvre du PNRAB a été confiée à un collectif alors constitué du Conservatoire Études Écosystèmes de Provence (CEEP), du Centre Ornithologique Rhône-Alpes (CORA) et de la LPO Mission FIR (Fonds d'intervention pour les rapaces) et du Groupe de Recherche sur les Invertébrés et les Vertébrés et leur Environnement (GRIVE) chargé d'en assurer la coordination.

Bilan des actions réalisées dans le cadre du premier plan

Le collectif pendant son mandat a mené différentes actions pour assurer la conservation de l'espèce. Ces actions avaient pour objectifs de :

Protéger les individus

La survie de l'espèce étant étroitement liée à la survie des adultes, la perte d'adultes victimes de tir ou de piégeage a un impact important sur l'ensemble de la population. C'est ainsi que le collectif a initié une phase de sensibilisation auprès des acteurs locaux visant à informer les fédérations de chasseurs et leurs adhérents du statut précaire de cette espèce.

Le recrutement de nouveaux sites ou de sites laissés vacants est assuré par les jeunes. Ils sont cependant les principales victimes de pylônes électriques (94% des morts constatées par électrocution).
L'identification des pylônes les plus dangereux et leur neutralisation avait déjà fait l'objet d'une convention entre le CEEP et le centre EDF des Bouches du Rhône en 1994. Lors de cette première phase du PNRAB plus de 500 poteaux électriques ont été neutralisés sur le territoire de 15 couples d'Aigles de Bonelli de la région PACA.

Améliorer le succès de reproduction

Le moindre dérangement peut occasionner l'échec de la reproduction d'un couple. Prés de 32 sites sont contrôlés en moyenne chaque année et pour protéger les sites les plus fréquentés et sensibiliser les adeptes des sports de plein air à la protection de l'espèce, les bénévoles et salariés du collectifs assurent une présence sur ces sites du mois de février au mois d'août.

De 1999 à 2003 cela représente plus de 18 000 heures de surveillance des 4 à 9 sites les plus utilisés pour la pratique des activités de plein air.

En plus de la sensibilisation faite sur ces sites, le collectif a élaboré et mis en place des panneaux signalant la réglementation des Arrêtés Préfectoraux de Protection de Biotope (APPB). Il a également mené des négociations qui ont abouties à la déviation et à la fermeture de sentiers de randonnée ainsi qu'au déséquipement de voies d'escalade et à la mise en place d'une charte "escalade".

Pour ce qui concerne les modalités d'utilisation d'affûts de chasse à proximité de sites de nidification une convention a été signée avec l'ONF et une Association Communale de Chasse Agréée (ACCA).

Sur la période de 1990 à 1998, 6% des échecs de reproduction sont imputables à la trichomonose. Cette maladie touche les poussins et pour améliorer le succès de reproduction une campagne de traitement systématique a été lancée en 2000 et poursuivie jusqu'en 2004.

Aujourd'hui le traitement est arrêté, cala permettra de vérifier que le parasite représente encore une menace pour les jeunes Aigles. De plus, l'arrêt de ce traitement représente une mesure préventive car éliminer systématiquement le parasite ne permet pas à l'Aigle de développer une résistance à la maladie. Il est préférable d'étudier les effets d'un traitement continu avant de le poursuivre.

Les objectifs du PNRAB visent également à augmenter l'accès aux proies pour assurer à la femelle des quantités de nourriture suffisantes qui lui permettent de former des œufs et d'alimenter les poussins. Les proies préférées de l'Aigle de Bonelli sont la Perdrix Rouge et le Lapin de garenne.

Une gestion concertée en Ardèche impliquant le collectif et d'autre structure a permis de réaliser des actions en faveur de ces deux espèces proies. Dès 1993 le collectif a mesuré l'intérêt de concerter et collaborer avec les acteurs locaux. C'est ainsi qu'un partenariat entre le CORA, le Syndicat Intercommunal des Gorges de l'Ardèche et de leur région naturelle (SIGARN), les associations de chasseurs et l'ONF a permis de réaliser des aménagements favorables aux espèces- proies.

Améliorer les connaissances sur l'espèce

Limiter la destruction des domaines vitaux nécessite d'acquérir davantage de connaissances sur l'espèce. De 1994 à 2003 le suivi réalisé par le CORA a permis de déterminer le domaine vital de deux couples.
L'enjeu de ces études étant de proposer des mesures de gestion adaptées, de localiser les secteurs d'intérêts et de prendre en considération le territoire de l'Aigle dans les schémas d'aménagements du territoire.

La campagne de baguage député en 1990 se poursuit afin de constituer une banque de données qui permettra l'étude de la dynamique des populations sur un échantillon fiable.

L'étude de la dynamique des populations permettra également de déterminer si il est oui ou non utile à l'espèce d'effectuer des opérations de renforcement.

Concertation et sensibilisation

En 5 ans, le collectifs via de nombreux supports s'est lancé dans une campagne de sensibilisation touchant un vaste public:

De 1999 à 2003 sur les 3 régions abritant l'Aigle, le collectif a assuré la formation de lycéens, étudiants, agents des parcs nationaux et de l'ONF

Le collectif a participé à de nombreux colloques et congrès européens

Le GRIVE et le Groupe Régional Animation Initiation Nature Environnement (GRAINE) appuyé par l'Agence Méditerranéenne de l'Environnement (AME) s'est lancé dans une campagne de sensibilisation assurant la formation d'animateur intervenant en milieu scolaire et en réalisant des fiches pédagogiques.

4 numéros du Bonelli infos ont été publiés pendant cette période.

Le Second PNAAB 2005-2009

Afin de poursuivre les actions de sauvegarde, le Ministère de l’Écologie, de l’Energie, du Développement Durable et de la Mer, maître d'ouvrage du plan a délégué sa tutelle à la DIREN Languedoc Roussillon (devenue DREAL LR en 2010). 

La maîtrise d'œuvre de la deuxième phase (2005-2009) a été confiée au Conservatoire des Espaces Naturels du Languedoc Roussillon (CEN LR).

 Le CEN LR coordonne le Réseau des Opérateurs techniques, composé de structures conventionnées dans le cadre du PNAAB :

  • Conservatoire Études Écosystèmes de Provence (CEEP)
  • Centre Ornithologique Rhône-Alpes Faune Sauvage (CORA FS)
  • Syndicat Mixte du Massif et des Gorges du Gardon (SMMGG)
  • Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage, (SD 30 et DR LR)
  • Centre Ornithologique du Gard (COGard)
  • Groupe Ornithologique du Roussillon (GOR)
  • Ligue pour la Protection des Oiseaux, délégation Aude (LPO 11)
  • Ligue pour la Protection des Oiseaux, délégation de l'Hérault (LPO 34)
  • Ligue pour la Protection des Oiseaux Mission Rapaces (LPO MR)
  • Association La Salsepareille
  • Fédération Régionale des Chasseurs du Languedoc Roussillon (FRC LR).

Ces organismes d’horizons divers sont chargés de coordonner les actions de conservation sur l’espèce à l’échelle de leur territoire ou domaine d’intervention.
En intégrant le PNAAB, le CEN LR a souhaité mettre l'emphase sur la concertation et développer une dynamique partenariale avec les acteurs locaux de manière à assurer une gestion intégrée des milieux de vie de l'Aigle de Bonelli. Les principales actions du programme visent à : 

  • Limiter la mortalité des oiseaux et en particulier celle des adultes
  • Améliorer les connaissances sur l'espèce
  • Maintenir et restaurer les habitats des domaines vitaux
  • Développer l'information et la sensibilisation
  • Favoriser le retour des Aigles sur des sites abandonnés mais encore utilisables
  • Identifier de nouveaux sites potentiels
  • Réaliser une étude de faisabilité concernant des actions de renforcement de la population française.
  • Depuis octobre 2008, le programme se décline sous le nom de Plan National d'Action pour l'Aigle de Bonelli (PNAAB).

Exemples d'actions du second PNAAB

De manière simplifiée, on peut distinguer 3 volets d’actions principaux au sein du PNAAB :

L’amélioration des connaissances sur l'espèce

Il comprend plusieurs actions spécifiques dont :

  • Le suivi de la reproduction

A l’heure actuelle, 83 sites occupés ou vacants ont été cartographiés sous Système d’Information Cartographique (SIG) et un suivi précis est réalisé sur l’ensemble des sites occupés, afin de connaître les dates de ponte et d’éclosion des œufs qui conditionnent la période du baguage des aiglons et s’assurer que la reproduction se déroule dans de bonnes conditions. Par ailleurs, la majorité des sites vacants sont aussi suivis et depuis 2010, un protocole minimum est appliqué pour rendre ces suivis optimum et se donner toutes les chances de détecter d’éventuelles reconquêtes de territoires.

Les suivis sont réalisés par les membres du Réseau des Observateurs qui regroupe une soixantaine de personnes, salariés ou bénévoles, en charge du travail de terrain fondamental et de la veille écologique sur les sites.

A noter que le traitement systématique de la trichomonose a été interrompu, mais des soins sont ponctuellement appliqués, lorsque cela est jugé nécessaire.

En 2006, lors d'un baguage, 4 poussins porteurs du parasite ont pu être soignés.

En 2009, un poussin a été traité en curatif avec succès.

 

Le programme de baguage initié en 1990 est étroitement lié aux suivis de terrain, puisque les dates de baguage sont décidées en fonction de la phénologie (étude des variations annuelles des évènements périodiques de la vie végétale et animale).

Pour en savoir plus sur le baguage, visitez la rubrique « Zooms » de ce site.

  • Les analyses scientifiques

L'étude démographique de la population d’aigles de Bonelli nécessite un jeu de données important pour être réalisable. Le programme de baguage mis en place en 1990 par Gilles Cheylan est reconduit chaque année (il est maintenant coordonné par Nicolas Vincent-Martin du CEEP) et a permis entre 1990 et 2009 de baguer pas moins de 455 jeunes. Il est à la base de toutes les études visant à mieux comprendre la dynamique de la population française.

Plusieurs analyses ont été réalisées à partir des données de terrain, avec l’appui de partenaires tels que le Muséum National d’Histoire Naturelle, le CEFE-CNRS de Montpellier, l’Université de Barcelone sur des aspects démographiques, génétiques ou même sociologiques (auprès des chasseurs).

La réduction des principales menaces

  • Electrocution

Les démarches auprès d’ ERDF sont plus que jamais d’actualité, Dans la droite ligne de la convention signée entre les partenaires associatifs (CORA, GRIVE, COGard) et EDF en 2001 et la production de cartographies des lignes dangereuses qui en découla, les premiers travaux de neutralisation de lignes ont commencé en 2004. L’avancée des travaux est encore bien trop lente au regard des enjeux. Récemment, les représentants du PNAAB (accompagné de l’union d’associations Meridionalis) ont participé à plusieurs Comités Régionaux et Nationaux Avifaune pour convaincre l’entreprise ERDF d’augmenter ses budgets de neutralisation, l’électrocution étant la principale cause de mortalité de l’espèce en France. De leur côté, les associations naturalistes et notamment leurs représentants nationaux au Comité Nationale Avifaune (LPO, FNE) ont exprimé une position claire et commune quant à l’importance de considérer l’Aigle de Bonelli comme une priorité nationale par rapport à la problématique « Electrocution ». Ces avancées devraient se concrétiser dès 2010 par une augmentation du nombre de poteaux neutralisés au sein des territoires à Aigle de Bonelli.

  • Les persécutions

Le tir illégal d’oiseaux étant une des menaces encore malheureusement bien présente, les acteurs du PNAAB multiplient les actions visant à impliquer le monde cynégétique (chasseurs).

Le CEN LR et la Fédération régionale des chasseurs du Languedoc-Roussillon se sont par exemple engagés dans le projet « Petite Faune Sédentaire de Plaine ».

Il vise à mieux cibler les actions de conservation impliquant le monde cynégétique en Languedoc-Roussillon. La première phase a donné lieu à un diagnostic, notamment sur l‘évolution de la végétation au sein de Zones de Protection Spéciale abritant l’Aigle de Bonelli dans l’Hérault et l’Aude. L’étude a mis en avant une fermeture rapide des milieux et une déprise agricole généralisée dans les garrigues de l’arrière pays méditerranéen. Les conséquences de ces phénomènes sont multiples :

- Les populations de lapin de garenne et de Perdrix rouge sont en diminution. Leur maintien passe par une gestion appropriée qui est parfois coûteuse (en main d’œuvre et d’un point de vue financier).

- Pour l’Aigle de Bonelli cela entraîne une diminution de la diversité faunistique et une baisse de la densité et de l’accessibilité en proies à forte biomasse, en particulier pour la perdrix rouge et le lapin de garenne. Ce phénomène est affiché comme étant une des menaces principales dans le rapport cadre du Plan National de Restauration de cette espèce.

D’autre part, l’enquête de perception de l’Aigle de Bonelli et des actions de conservation de la nature auprès des acteurs cynégétiques des 3 ZPS réalisée de même durant la première phase du projet montre un défaut d’appropriation de la conservation de cette espèce et de la démarche Natura 2000 par les chasseurs.

Les objectifs de la seconde phase du projet visent à :

- Identifier des modes de gestion cynégétique ayant le plus d’influence sur l’abondance des populations de petite faune sédentaire de plaine.

- Améliorer les habitats de la PFSP sur deux à trois sites démonstratifs et pilotes par ZPS (Hautes garrigues du Montpelliérais, Minervois et Salagou).

- Sensibiliser les acteurs cynégétiques locaux à la conservation de l’Aigle de Bonelli.

- Répondre aux demandes des chasseurs locaux qui ressortent de l’enquête menée lors de la première phase:

- Fournir de l’information sur l’Aigle de Bonelli : biologie, répartition, concurrence sur les espèces gibier, origine...

- Informer les chasseurs sur Natura 2000 et ses implications au sein des ZPS concernées.

- Mettre en place des programmes pilotes d’aménagement et de gestion des milieux avec les sociétés de chasse qui dans un contexte de forte déprise agricole, sont le principal recours pour un maintien de milieux ouverts à l’échelle de ZPS de grande surface.

Des actions partenariales avec les acteurs cynégétiques ont aussi été menées depuis longtemps dans les 2 autres régions de présence de l’espèce. En Ardèche par exemple, sous l’égide du CORA FS et de Syndicat des Gorges de L’Ardèche et de la Réserve Naturelle du même nom, les premières initiatives de ce type ont vu le jour dès 1991, avec une série d’enquêtes auprès des sociétés de chasse locale et dès 1992, avec la création de garennes artificielles.

Dans le cadre d’un LIFE entre 1999 et 2003, d’autres actions partenariales ont été réalisées: relâchers de lapins (près de 600 au total entre 2000 et 2009) et suivis coordonnées des populations naturalistes/ chasseurs, ouvertures de milieux, cultures faunistiques (près de 20 hectares réalisés),  pose de panneaux informatifs, adaptation des périodes de battues grand gibier pour ne pas risquer de déranger la reproduction de l’Aigle de Bonelli.

Ces initiatives favorisent l’appropriation de l’enjeu « Aigle de Bonelli » par les chasseurs locaux.

  • Les dérangements

Chaque année, la veille écologique assurée sur chaque site occupé permet de mettre en lumière des menaces éventuelles pour la reproduction.

Des cartographies des menaces ont été réalisées par les différents opérateurs techniques et c’est sur elles que se basent les actions de concertation auprès des différents utilisateurs de site mais d’année en année, de nouvelles menaces peuvent apparaître et le suivi réalisé par le réseau des observateurs est donc fondamental pour actualiser cette cartographie.

Les approches pour réduire les dérangements varient en fonction des secteurs et des interlocuteurs. Sur certains sites, cela peut passer par la mise en place d’une surveillance accrue durant toute la période sensible de reproduction, avec éventuellement des phases d’intervention si des comportements ou des activités observées sont jugées trop perturbantes.

Dans d’autres cas, la sensibilisation passe par l’organisation de réunions et de rencontres entre les représentants du PNAAB et les acteurs locaux concernés.

  • La disparition des habitats naturels 

La tendance évolutive de la garrigue méditerranéenne est à la «fermeture », notamment du fait des mutations agricoles profondes (déprise agricole, abandon des pratiques pastorales) opérées au cours des dernières décennies. Cette dynamique est plutôt défavorable à l’Aigle de Bonelli dont les proies prioritaires restent des espèces de milieux ouverts ou semi-ouverts.

De par ses attraits multiples, le sud de la France est de plus soumis à une forte pression humaine qui va de pair avec une urbanisation croissante et le développement de grandes infrastructures (lignes ferroviaires et autres voies de communication, développement des énergies renouvelables, parcs d’activité, lotissements…).

Ce développement diminue d’autant les territoires disponibles pour l’Aigle de Bonelli et a un effet cumulatif avec les autres menaces pesant sur l’espèce.

Plusieurs outils sont disponibles pour pallier à la disparition des habitats favorables. Natura 2000 en est un et devrait permettre à terme d’agir de manière ciblé sur les milieux en soutenant financièrement des actions de réouverture (soit mécaniquement, soit par le biais de brûlages dirigés) ou de mises en culture privilégiant les espèces-proies de l’aigle.

Certaines initiatives de ce type sont menées dans le cadre de projets indépendants du PNAAB, c’est le cas par exemple des actions du programme LIFE CONSAVICOR à cheval entre l’Aude et les P.O. Les collectivités (parcs naturels régionaux, communautés de communes) peuvent inscrire ces actions dans leurs documents de planification, d’autant que protéger l’Aigle de Bonelli bénéficie à un cortège d’autres espèces faunistiques patrimoniales.

Pour éviter la perte d’habitats induite par certains aménagements humains, il est essentiel d’agir en amont des projets et de rendre accessibles d’une part l’information relative à la présence de l’espèce et d’accompagner les aménageurs afin qu’ils adaptent leurs projets aux enjeux en présence..

  • Sensibilisation/ communication

Ce volet d’action transversal est mené à toutes les échelles géographiques d’intervention, dans la continuité des premières initiatives lancées au début des années 1980. De l’information du grand public à la concertation avec les acteurs locaux, il apparaît fondamental de faire connaître l’espèce, les menaces qui pèsent sur elles et de présenter les actions de conservation mises en œuvre afin d’impliquer les utilisateurs des territoires. Le fait que les utilisateurs et les gestionnaires de territoires à Aigle de Bonelli s’investissent dans le PNAAB est une garantie d’efficacité et de durabilité de la protection.

Parmi les nombreuses démarches engagées, voici quelques exemples :

- En 1997 le Groupement d'Hélicoptères de la Sécurité Civile (GHSC) créée à Nîmes un centre d'instruction. Les Gorges du Gardon présente un site idéal pour l'entraînement des pilotes mais c'est également une zone de reproduction pour l'Aigle Bonelli et le Vautour Percnoptère. Le survol fréquent des gorges par les hélicoptères est une source de perturbation pour les Aigles.

Le Syndicat mixte du Massif et des Gorges du Gardon (SMGG) a donc pris contact avec le GHSC en 2006 pour les informer des enjeux environnementaux et des la première rencontre le GHSC sensible à la conservation des espèces présentes s'est engagé à réduire ses activités dans les gorges pendant la période de reproduction. Une charte a été signée entre les 2 acteurs. Début 2010, le SMGG a édité une plaquette pour sensibiliser le monde de l’escalade aux enjeux liés aux grands rapaces.

- Ponctuellement, des actions de concertation sont engagées pour modifier des sentiers de randonnées ou pour déséquiper des voies d'escalade en zone sensible, la distribution de plaquettes ou l'insertion de points d'informations dans des revues spécialisées permet d'appuyer la démarche et d'expliquer aux acteurs concernés l'utilité des actions menées par le collectif. Début 2010, le SMGG a édité une plaquette pour sensibiliser le monde de l’escalade aux enjeux liés aux grands rapaces.

Une plaquette « Vivre avec l’Aigle de Bonelli » a été réalisée dans le cadre du PNAAB. Elle a été distribuée notamment à de nombreux acteurs cynégétiques du Languedoc-Roussillon.

- Chaque année, le PNAAB édite le « Bonelli Info », un bulletin d’information qui fait la synthèse des actions réalisées au cours de l’année et qui est disponible au format PDF sur ce site dans la rubrique « Documents à télécharger ».

- Le site Internet www.aigledebonelli.fr est aussi un outil adapté pour communiquer et informer le grand public sur l’espèce et les enjeux qui s’y rattachent.

 

 

Un nouveau Plan d'action est mis en oeuvre depuis 2014 pour une durée de 10 ans.